Ce numéro spécial paraît à peine un mois après la clôture des quarante deuxième journées cinématographiques de Carthage. Il  n’en est pourtant pas le bilan. Plus distancié et moins circonstanciel, le discours que développent la plupart des critiques dans ce numéro se veut surtout une interrogation sur les défis techniques et scénographiques à l’heure de la mondialisation. On y lit également des compte rendus d’ouvrages sur le cinéma tunisien. Mais c’est le bilan que fait   Hédi Khélil de notre cinéma qui retient l’attention. Impitoyablement moderne, Hédi Khélil débusque, par delà les problèmes d’ordre techniques et financiers, la panne qui affecte en profondeur la vision de  nos cinéastes. S’il les critique sans concession, son discours ébranle sans agresser. Il n’est jamais systématique. Il déplore, entre autres, un « habitus » culturel qui consiste à vouloir donner du réel une vision totale : l’illusion de la totalité et l’ambition stérile de reproduire l’intégralité des choses. Hédi Khélil plaide pour une approche du détail, capable de faire germer le film  dans  le particulier et le spécifique.

 

 

Mis à jour ( Mardi, 24 Février 2009 20:21 )