Parutions
Publications 2011
Après le succès de son premier texte « La marche de l’incertitude » (Prix Comar 2009), Yamen Manai publie un deuxième roman « La Sérénade d’Ibrahim Santos », un texte à nette tonalité allégorique. Nous retrouvons là une atmosphère et des ingrédients qui nous rappellent le roman latino américain, en raison de cette teinte de réalisme magique qui traverse le récit. Le village Santa Clara sera le théâtre de grands événements où les pratiques traditionnelles des habitants seront confrontées à une modernité factice incarnée par une gent militaire inflexible et impitoyable. Au milieu de cet implacable chaos, les villageois doivent leur salut à leur attachement irréductible aux composantes de leur identité locale et aux valeurs culturelles et écologiques que cette dernière charrie. Parmi ces valeurs, la musique. Dans ce sens, la sérénade d’Ibrahim Santos a la vertu non seulement de répandre une aura de poésie dans le village, mais aussi de dispenser un savoir météorologique, fort utile pour les paysans viticulteurs.
Le voile renvoie tant à un enjeu idéologique qu’à des implications identitaires ou religieuses. Dans un essai limpide et tranchant, Hélé Béji se penche de nouveau sur cette question, devenue depuis quelques années au cœur de tous les débats politiques et théologiques, tant dans le monde musulman qu’en Occident. Deux aspects ont focalisé l’intérêt de l’essayiste. D’abord, pour éviter toute vision schématique et manichéenne mettant face à face femmes voilées et hommes fanatiques, Hélé Béji reconnait qu’il y a des femmes qui avaient choisi délibérément de porter le voile. Ce choix est examiné avec beaucoup de rigueur et circonspection. Pour l’auteur, le voile est un symptôme qui vise à critiquer le présent, à faire le procès de la modernité, à rejeter les valeurs aliénantes de la culture de consommation et à regarder avec suspicion l’ordre démocratique. C’est donc la faillite de tout ce que l’Occident affiche qui précipite le retour du voile. Faut-il pour autant légitimer sans réserve aucune le port du voile ? Nullement. Pour Hélé Béji, le voile est revenu en Tunisie après une période de dévoilement sous l’exhortation de Bourguiba. C’est le contexte historique donc qui détermine son interdiction ou sa légitimation. Alors changeons aujourd’hui les données de notre réalité et le voile tombera. « Tu verras, un jour, tu l’enlèveras ! » scandait l’essayiste au visage de sa cousine : « Elle comprendra que le 13 août 1956 l’Islam a devancé le voile. Elle retrouvera l’humanisme de sa religion, qui n’a pas sacrifié les liens humains aux ruptures de la liberté […] Elle prouvera son féminisme, qui ne condamnera pas les femmes à une nouvelle guerre de Religion ».
Saïd Mestiri, Moncef Mestiri, aux sources du Destour, Sud Editions, 364 pages, Tunis, prix : 20dt, 2011, ISBN : 978-9938-01-046-6. Moncef Mestiri fut un acteur politique de premier plan pendant plus de trois décennies décisives du siècle dernier (30- 50). Il participa aux côtés du prestigieux Thaalbi à la fondation du Destour, dont il devint président au lendemain de la grande scission entre les pionniers et les jeunes du Néo- Destour. Il prit part ensuite activement au combat pour l’indépendance de la Tunisie. Ayant fréquenté de près les deux générations du Mouvement national tunisien, Moncef Mestiri, raconté par Said Mestiri, révèle aujourd’hui au grand public la grande gestation politique et sociale qui détermina la Tunisie moderne. Mais si cette biographie est imposante par la stature du personnage, elle est fortement imprégnée du sentiment filial qui relie le biographe à son oncle. Saïd Mestiri ne s’en cache pas. Il n’a ni la rigueur de l’historien professionnel, ni la distance nécessaire vis-à-vis du protagoniste de son récit. Il écrit d’entrée de jeu : « J’étais totalement impliqué dans sa vie familiale et dans l’appréhension des événements qui ont marqué sa vie politique, ce qui me conférait certes, une connaissance inégalable de mon personnage, mais pouvait néanmoins amoindrir l’objectivité de mon jugement.». Très scrupuleux dans son enquête, Said Mestiri réussit assez rapidement à surmonter ses nombreuses appréhensions pour écrire la biographie d’un être proche et raconter une partie de l’Histoire nationale. Mis à jour ( Dimanche, 02 Octobre 2011 10:09 ) |
Parution
Salah El Gharbi, Yesmina Reza ou le théâtre des paradoxes, L’Harmattan 2010, 161p. 16 euros
L’une des conclusions à laquelle aboutit Salah El Gharbi est que le théâtre d’Y. Reza est un théâtre polémique. L’autre est que la dramaturge française, tant décriée et taxée entre autre de faire du théâtre « d’import-export », fait de ses œuvres le lieu de recherche d’une nouvelle esthétique théâtrale. Yesmina Reza ou le théâtre des paradoxes aborde l’œuvre en opérant des analyses de détails et en essayant, par une sorte de mise en miroir avec la tradition, de mettre en valeur ce qui fait de l’écriture rezaienne une écriture qui s’inscrit dans le sillage de la modernité. Dans sa conclusion, S. El Gharbi précise, à propos de Y. Reza : « Il semblerait que, pour elle, une fois l’œuvre achevée, l’écrivain devient un lecteur parmi d’autres », il ajoute concernant la critique littéraire : « C’est à la critique de s’interroger sur ces écrits et de les jauger selon les critères les plus subtils et les plus objectifs. C’est à la critique de scruter, non pas ce qui a été prémédité, mais ce qui est mis en œuvre, non pas de révéler les intentions mais plutôt, d’actualiser l’écrit, de dévoiler la part de non dit du texte, ses qualités différentielles, ses errances et ses ratages ». Ces propos illustrent parfaitement la démarche entreprise par cet universitaire soucieux de proposer des pistes de réflexion pour une œuvre qui demeure « complexe et ouverte » Mis à jour ( Samedi, 13 Août 2011 13:06 ) Parutions 2010/2011
الدراسات الأدبية والحضارية
■ مناهج النقد الأدبي، إيليزابيت رافو رالّو، ترجمة الصادق قسومة، مراجعة العادل خضر، دار سيناترا تونس 2010، 336 صفحة، ر.د.م.ك 0-62-084-9973-978، الثمن: 40 دينارا تونسيا (= 40 دولارا أو ما يعادلها) يقدّم الكتاب منظورا تأليفيا موسعا لمناهج النقد الأدبي الحديث، فيراوح بين التقديم العام لهذه المناهج وبين التدقيق التقني للمفاهيم ، مثل مفاهيم النص والنظام والسياق، وهذه المراوحة تجعله مرجعا أساسيا للباحث في مجال النقد الحديث، مدرّسا ومتعلما.
Mis à jour ( Lundi, 11 Avril 2011 10:36 ) Parutions 2010
Composé de 64 chants, le nouveau recueil de Tahar Bekri épouse le mouvement d’un fleuve qui charrie dans son débit à la fois les convulsions du monde et la sagesse de la nature. Cette poésie favorise allègrement l’éclosion des métaphores dans le seul but de discourir sur l’état inquiétant et troublant du monde. A la manière des Vents de Saint John Perse, le Fleuve de T. Bekri avance lui aussi à travers le monde, avant d’atteindre la mer, et croise au fil de sa traversée la grandeur et la petitesse des humains. C’est dans le partage Des cimes des montagnes Que les fleuves reconnaissent Leurs sources Leur cours Comme mélancolie rebelle Habitée par la panique des poètes (p12)
**************************** Voilà un roman qui renoue avec la tradition du merveilleux et du fantastique. Mieux encore, et pour gagner les lettres de noblesse d’une bonne littérature populaire, le roman tisse une intime parenté avec l’univers du conte, voire avec celui de Mille et une nuits. C’est ainsi qu’on quitte le quotidien pesant et ennuyeux et on passe sans difficulté du monde des humains à celui des Djinns, grâce à la complicité d’un étrange âne noir Amrouss. Mais attention, le ludisme que suppose cette matière romanesque n’est que l’envers métaphorique de notre réalité prosaïque et non moins en crise. *********************
L’ouvrage propose une radioscopie du statut de l’image et de ses différents usages dans notre société d’aujourd’hui. Selon l’auteur, le développement vertigineux du numérique et celui des technologies de communication sont en nette dissonance avec un contenu indigent, dérisoire et non moins aliénant. L’ouvrage fait donc le procès de l’image. Il dénonce surtout la soif d’enrichissement chez les grands producteurs et diffuseurs qui ont dérogé à la mission première de l’image, à savoir l’éducation et la culture, et l’ont asservie pour amplifier la culture de la vacuité et de la futilité. ************************** « Le Prophète est une créature humaine, un homme », telle semble être la devise de Jaâfar Majed dans cette biographie qui se démarque nettement du discours hagiographique. En effet, le biographe, conscient de la nécessité de rétablir aujourd’hui le prophète dans son vécu, cherche à mettre en lumière surtout les traits de l’homme, son intimité et ses rapports aux femmes et épouses qui marquèrent sa vie. Son portrait physique, partiellement esquissé à la fin du livre, se lit comme une tentative de déroger à la tradition narrative ayant toujours occulté la représentation du prophète. Majed recoupe récits et témoignages pour tenter de reconstituer sa physionomie très humaine : « ses cheveux étaient d’un noir prononcé ; les poils blancs parant essentiellement sa barbe et le haut de son front. Il portait un turban noir, notamment pendant les deux fêtes de l’Aïd, dont il laissait pendre le bout sur ses épaules. Ses vêtements étaient de laine et de coton et il portait une chemise à manches courtes. » Mais l’auteur revisite aussi le parcours de Muhammed comme chef militaire et homme d’Etat d’après une documentation savante et suffisamment variée permettant ainsi de rétablir faits et actes dans le quotidien de l’époque. Si ce livre retient l’attention, ce n’est pas tant par ses sources historiques, ni par les ambitions argumentatives de son auteur. Ce livre nous libère du déjà lu surtout grâce à la beauté de sa narration et à l’originalité de plusieurs récits qui le composent. La prose narrative du poète Jaâfar Majed y est pour quelque chose. Dans sa traduction, le professeur Kamel Gaha a su mettre en évidence ce mariage souvent heureux entre le style de l’écrivain et la rigueur de l’exégète. ************************** Le nouveau livre d’A. Belkhoja La Femme en rouge est, comme son titre le laisse transparaitre, une histoire d’amour. Mais le lecteur ne tarde pas découvrir que c’est plutôt une aventure de l’amour. Tout part d’une rencontre fortuite comme le hasard seul peut vous en arranger ; les évènements vont se développer de manière désordonnée et chaotique comme s’ils ne pouvaient échapper à l’emprise de l’imprévu. Fait de grands sentiments et de petitesses, de maladresses touchantes et de vraies goujateries, le livre passe en revue différentes situations auxquelles sont soumises deux personnes qui prétendent vivre librement une aventure amoureuse, et qui sont en butte à leurs manques et aux contradictions que leur impose la société. Mais ce livre présente une autre originalité : il a été écrit à deux mains. L’auteur a voulu y intégrer des commentaires, reçus sur face book, d’une lectrice qui a réagi à une première mouture et qui s’est transformée en co-auteur. Un livre interactif … *************************** Le livre de Mehdi Mabrouk, Voiles et Sel, est une étude sociologique dans laquelle l’auteur se propose de combler un manque dans le champ de l’investigation sociologique concernant le phénomène de la migration clandestine, connue dans nos contrées sous le nom de « Hargua ». En effet, l’auteur constate que si les différentes vagues de migration légale ont fait l’objet d’études nombreuses et variées, la nouvelle forme de ce mouvement migratoire n’a pas fait l’objet d’études, ni n’a été traité de manière biaisée, comme si le sujet était désemparant. Sous un titre poétique, ce livre présente une étude documentée et circonstanciée du phénomène. Il explore le vécu des clandestins, les réseaux et filières qui les prennent en charge (ou les manipulent), les enjeux politiques dont ils sont l’objet. Mais l’aspect le plus fascinant de ce livre (et qui mérite qu’on y revienne plus longuement) c’est l’étude, par définition provisoire puisque son objet est par trop mouvant, de l’aspect social de cette pratique et de la mythologie paradoxale qui est en train de se construire autour des « harragas ». Mis à jour ( Samedi, 19 Juin 2010 11:56 ) Parutions 2009 ![]() Roger Casemajor, L’Action nationaliste en Tunisie, Sud –Edition, Tunis, 2009, préface de Hassine- Raouf- Hamza, 235 pages, 16 DT, ISBN : 978-9938-01-006-0. Roger Casemajor, L’Action nationaliste en Tunisie, m-c éditions, Tunis, 2009, 329 pages, 20 DT, (16E), ISBN : 978-9973-807-98-4. Edité en 1948 pour les besoins de l’administration coloniale, ce rapport secret des Renseignements Généraux, intitulé L’Action nationaliste en Tunisie, vient de tomber dans le domaine public. Deux éditeurs tunisiens Sud-Edition et M-C Editions s’empressent de le publier. On aurait pu éviter au livre ce double emploi éditorial, si l’on s’était un peu concerté. Peut-être le ferait-on dans l’avenir. Son auteur, Roger Casemajor, était un haut fonctionnaire de la Sécurité sous le Protectorat pendant une très longue période. Son rapport est composé de cinq grandes sections couvrant le mouvement nationaliste depuis ses origines, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à la mort de Moncef Bey, en 1948. Lacunaire à bien des égards et véhiculant les préjugés du fonctionnaire colonial vis-à-vis des dirigeants nationalistes, ce livre a, d’un point de vue historique, un intérêt qui s’avère fort limité à la lumière des recherches plus récentes et plus professionnelles. Mais il demeure, au plan documentaire, un écrit de tout premier ordre. Dans sa préface au livre chez Sud-Edition, l’historien Hassine -Raouf Hamza rappelle sa valeur historiographique: «[…], durant toute la période où les fonds d’archives du Quai d’Orsay et de la Résidence Générale( l’actuel fonds de Nantes) étaient encore tout au moins en partie fermés aux chercheurs et même après l’ouverture[….], cet ouvrage qui se présente comme une sorte de synthèse générale composée et « confectionnée » des divers documents produits par les services administratifs et les renseignements français, a été pour les chercheurs qui s’intéressaient alors à l’histoire du mouvement national un ouvrage bien précieux et incontournable ». Le Professeur Hamza, qui a signé la préface pour Sud-Edition, a également annoté le texte. Son apparat critique en facilite beaucoup la lecture. Cette réédition est plus complète ; elle contient, en plus du long premier tome consacré aux « Faits », une éphéméride et un second tome de trente cinq pages, intitulé « Les Hommes », dans lequel Casemajor a consigné une biographie sommaire des principaux dirigeants nationalistes tunisiens d’alors.
**************** Le Sarment d’Aïcha Ibrahim est un hymne à la gloire d’une femme, Fatouma, et d’une île, Kekennah. Mais c’est un hymne à l’antique manière grecque, au sens que l’on donnait à ce chant qui célébrait dans la ferveur un Dieu, un héros ou une cité. L’île, qui tire son nom du mot romain Circina, s’y prête d’ailleurs fort bien. Pour dire son attachement authentique au souvenir de Fatouma, l’insulaire, Aïcha Ibrahim a choisi le parti de la démesure métaphorique. Qu’importe si la prédication charrie dans sa coulée des clichés, des tropes usés et des idées reçues ? Seul l’excès libère de la douleur due à la souvenance débordante. Formé de plusieurs sections sur l’île, la mer, le littoral, la pêche et les pratiques insulaires ancestrales, etc., Le Sarment est un livre de souvenirs, mais il est atypique. Il ne faut pas s’efforcer de lui trouver des chaînons narratifs, pour la bonne raison qu’il n’en a pas ; ou plutôt qu’il refuse d’en avoir, hormis le lien de Fatouma. Personnage emblématique. Ses nombreux portraits lui confèrent, au fil des pages bien plus qu’une présence, une aura aux effets incantatoires. L’évocation de Lalla Fatouma donne lieu à des digressions successives à propos de l’histoire de Kerkennah, de sa topographie et des hommes célèbres, historiques ou fictifs, qui foulèrent jadis son sol. Fattouma invite l’auteure à des pérégrinations imprévues et l’emmène dans des déambulations imaginaires. Cités en épigraphe et convoqués à ce banquet universel, Les Baudelaire, Cervantès, Homère, etc., rendent la référence incontournable. Le Sarment, qui se veut le serment d’une fidélité indéfectible à une femme et à son île, est aussi l’expression libre d’un affect surabondant. L’ouvrage se prête alors difficilement à la composition suivie que nécessite un livre. A cause de la densité du référent littéraire et mémoriel, le Sarment encourt parfois la saturation sémantique et sa lecture n’en est que plus problématique. Aussi Aïcha Ibrahim, le peintre, vient-elle à la rescousse de l’écrivaine. Elle nous offre, à la fin de chaque section du texte, des portraits et paysages croqués souvent au crayon, dont la beauté et la fluidité s’avèrent particulièrement apaisantes. Tant mieux si, à la fin du livre, le texte cède totalement la place à la peinture : plus de 20 toiles. Un vrai régal pour les yeux et pour l’esprit. C’est dire combien la sérénité du peintre atténue les ardeurs de l’écrivaine lyrique !
**************** Réparties en quatre ensembles thématiques, les quinze communications qui composent ces actes traitent successivement de la biographie de Kateb Yacine, de son engagement politique, des « jeux de son écriture » et des mythes qui informent son œuvre. Mais c’est surtout Nedjma qui suscite toujours la curiosité et incite à l’interrogation. Samir Marzouki, Charles Bonn et Mansour Mhenni revisitent ce roman hybride pour en souligner les paradoxes linguistique, thématique et générique. D’autres, s’inscrivant dans une perspective intertextuelle, le soumettent à des lectures croisées. Rabâa Abdelkéfi, par exemple, explicite les similitudes topiques et imaginaires entre Nedjma et Voyage en Orient de Nerval ; Mireille Ribière voit dans la « poétique de l’absence » l’enjeu d’une parenté problématique entre ce roman et W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec. Parce qu’il s’intéresse également aux facettes moins connues de Kateb Yacine (dramaturge et préfacier d’auteurs mineurs de son temps), le colloque apporte des éclairages édifiants sur la biographie de l’homme, sur ses prises de positions politiques et autres qu’on a tendance à oublier ou que le statut de romancier semble avoir occultées. Chaâbane Harbaoui
Mis à jour ( Jeudi, 29 Avril 2010 21:38 ) |



Yamen Manai : La sérénade d’Ibrahim Santos, Editions Elyzad, Tunis, 2011, 270 pages.
Hélé Béji : Islam Pride (Derrière le voile), Gallimard, Paris, 2011, 147 pages.
Il s’agit d’un ouvrage critique organisé en cinq chapitres qui se proposent d’interroger l’œuvre de Yesmina Reza sous divers angles. Les unités d’espace et de temps, qui cadrent l’intrigue dans le théâtre traditionnel, sont d’emblée étudiées par Salah El Gharbi qui montre que Reza étoffe ses personnages, entre autre, par la capacité qu’ils ont à restructurer ces notions au moyen de leurs discours respectifs. Ces « héros dérisoires », comme les appelle l’auteur de l’ouvrage, sont analysés et présentés comme siège du langage et support de discours investis d’un sens qui se construit et se déconstruit au fil de l’intrigue.







